La CAN féminine 2026 a livré, ce jeudi, le verdict complet de sa phase de groupes. Huit équipes se disputeront désormais les quarts de finale, et parmi elles, un mélange assumé de puissances établies et de trajectoires inattendues qui donne à ce tournoi son relief. Le Maroc, pays hôte, avance avec l’autorité tranquille d’une équipe qui n’a rien laissé au hasard. Le Nigeria, champion en titre, a dû composer avec la pression d’un groupe C électrique. L’Afrique du Sud, l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Cameroun confirment leur rang parmi les forces du continent. Le Malawi et le Ghana, eux, racontent une autre histoire – celle des équipes qui bousculent la hiérarchie annoncée.

La sud-africaine Refiloe Jane et la capitaine de la s/lection marocaine Ghizlane Chebbak

Dans le groupe A, les Lionnes de l’Atlas ont imposé un rythme sans faille : deux victoires, un nul, sept points, et surtout aucun but encaissé sur l’ensemble de la phase de groupes – une performance défensive qui n’appartient qu’à elles dans ce tournoi. L’Algérie les suit avec six points, confirmant une progression continentale qui ne doit désormais plus rien à la surprise.

La gardienne algérienne Chloé Ngazi face au feu -follet ivoirien Safi Nsira Ouedraogo

Le groupe B a couronné la Côte d’Ivoire, invaincue et solide, qui a scellé sa première place en dominant la Tanzanie 2-1. Derrière les Éléphantes, l’Afrique du Sud a dû attendre la dernière journée et un but libérateur, inscrit 1-0 face au Burkina Faso, pour valider sa qualification. Un scénario serré, à l’image de ce que ce tournoi propose depuis son coup d’envoi.

Evelyn Badu du Ghana et Temwa Chawingan du Malawi, deux des meilleures attaquantes du continent africain et qui évoluent dans des clubs en Amérique du nord.

C’est dans le groupe C que la CAN a livré l’une de ses histoires les plus fortes. Le Malawi, présent pour sa toute première participation, termine en tête devant le Nigeria – champion en titre, rappelons-le. Malawi, Nigeria et Zambie ont bouclé la phase de groupes à égalité parfaite, six points chacune, et c’est la mini-classification des confrontations directes, au nombre de buts inscrits, qui a fini par trancher. Le Nigeria se qualifie en deuxième position ; la Zambie, elle, sort du tournoi malgré une meilleure différence de buts générale – un rappel que dans ce format, le contexte des face-à-face pèse plus lourd que la seule comptabilité globale.

Le groupe D a attendu ce jeudi et ses deux dernières rencontres pour livrer son verdict complet. Le Cameroun, déjà assuré de sa qualification avec six points au compteur, affrontait le Cap-Vert avec un seul enjeu réel : terminer la phase sans défaite. Score final : 1-1. Une identité de résultat que l’on retrouve, presque en écho, dans l’autre rencontre du jour – celle qui comptait vraiment pour la deuxième place du groupe. Ghana et Mali se sont neutralisés 1-1, mais c’est le goal-average qui a fini par sourire aux Ghanéennes, qualifiées de justesse. Pour le Cap-Vert, ce point arraché face au Cameroun reste, à sa manière, historique : le tout premier de son existence en CAN, pour une première participation.

L’expérience de la nigériane Asisat Oshoala face à la jeunesse de la camerounaise Naomi Eto

Un détail mérite qu’on s’y arrête, du côté de Montréal : le but ghanéen décisif dans ce match couperet contre le Mali porte la signature de Badu, sociétaire des Roses de Montréal. Une réalisation qui prend une saveur particulière pour tous ceux qui suivent, ici, le parcours des joueuses formées ou évoluant dans le circuit montréalais – la preuve, une fois de plus, que les trajectoires africaines et québécoises continuent de se croiser sur les plus grandes scènes du football féminin continental.

Place maintenant aux quarts de finale, où chaque affiche pèsera double : une place en demi-finales, mais aussi un billet direct pour la Coupe du monde féminine 2027. Samedi 8 août, le Maroc affrontera l’Afrique du Sud, pendant que la Côte d’Ivoire retrouvera l’Algérie dans un choc entre deux équipes en pleine confiance. Dimanche, le Malawi poursuivra son conte de fées face au Ghana, tandis que le Cameroun défiera le Nigeria dans une opposition entre deux nations habituées aux sommets du football féminin africain. Quatre rencontres, quatre récits distincts, et un tournoi qui n’a pas fini de surprendre.

(c) Neoquébec Sport (Août 2026)

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